EARTHLINGS est un documentaire long-métrage sur la dépendance absolue de l’humanité à l’égard des animaux (animaux de compagnie, nourriture, habillement, divertissement, et recherche scientifique) mais aussi sur l’irrespect total pour ceux qu’on peut aussi qualifier de « marchandise ». Le film est narré par Joaquin Phoenix (Gladiator) et la musique est celle du célèbre Moby.
Avec une étude approfondie sur les magasins d’animaux de compagnie, les usines à chiot, les refuges pour animaux, mais aussi les manufactures de cuir et de fourrure, les industries de hobbies sportifs et les professions médicales et scientifiques, EARTHLINGS utilise la caméra cachée et jamais auparavant on avait vu ces pratiques au jour le jour, d’une des plus grandes industries au monde, qui se fonde entièrement sur l’utilisation d’animaux pour faire du profit. Puissant, instructif et provoquant, EARTHLINGS est de loin le documentaire le plus complet jamais produit sur la relation entre la nature, les animaux et les intérêts économiques des humains. On trouve beaucoup de films défendant cette cause, mais celui-ci dépasse tout. Des Terriens pleurent pour être entendus. Vivement recommandé !
Squat!
Documentaire d’Eve Lamont
Produit par Nicole Hubert
2002, 82 minutes
Été 2001 à Montréal, en pleine crise du logement, des sans-abri, des mal-logés et des jeunes militants occupent un bâtiment vacant. Au nom du droit au logement et pour vivre autrement, un squat politique prend forme avec l’appui de la ville. Au jour le jour, Ève Lamont filme la réalité des squatters. Elle fixe sa lentille sur certaines des 50 personnes qui habitent le squat Préfontaine et dresse un portrait social révélateur : une adolescente seule avec son enfant, un ancien clochard, un travailleur au salaire minimum, un jeune fugueur, un étudiant, une punk sans abri, un ébéniste au chômage, un toxicomane qui veut s’en sortir. Tous des gens que la crise du logement frappe de plein fouet.
Pour certains, ils représentent les parias de la société. Désormais, ils ne sont plus seuls dans leur misère et l’espoir est grand. Ils doivent apprendre à vivre ensemble selon des règles qu’ils ont établies au terme de longues discussions. Un projet alternatif et autogestionnaire prend forme, mais est mis en péril par l’administration municipale qui ne laisse pas aux squatters le temps promis et le temps qu’il faut pour s’organiser et mener à terme leur projet.
Plus près du cinéma guérilla que du cinéma direct, Squat! dévoile l’hypocrisie et l’illogisme des autorités municipales qui ont volé l’esprit d’initiative et l’idéalisme des squatteurs, en les entraînant dans un jeu politique dont ils ont été les victimes. De manière subtile, le film montre l’œil vorace des médias et la couverture biaisée de certains d’entre eux. Mais plus que tout, Squat! dénonce la forte tendance de notre société capitaliste à ne pas considérer le logement comme un droit fondamental et à réprimer toute forme d’initiative pour le reconquérir de façon autonome.
« C’est le grand choc de ce film. Alors qu’on croyait que les pouilleux étaient en dedans, on découvre qu’en fin de compte, ils étaient dehors, sous forme de politiciens sans scrupules et de bureaucrates serviles. » - Nathalie Pétrowski, La Presse
Prix de la meilleure réalisation long-métrage documentaire et prix humanitaire au festival Hot Docs 2003 de Toronto.